15.10.2008

Coulouvrenière : il faut fermer une voie aux voitures!

gtram07.jpgLa Tribune de ce jour nous gratifie d'un très bon article sur ce qui est un scandale et une aberration totale. La police genevoise a décidé de jouer de la répression la plus stupide qui soit contre les vélos roulant sur le trottoir du pont de la Coulouvrenière.

Pourquoi stupide? Parce que la police ne prend pas en compte l'incroyable vulnérabilité des cyclistes sur ce tronçon. Le cycliste y a le choix entre zigzaguer entre les rails de trams ou se faire talonner par les voitures qui accélèrent toujours dangereusement sur cette ligne droite (parfois même les deux en même temps, quand ce n'est pas le tram qui s'en mèle). Ce pont (ainsi que l'affreux bvd. Georges-Favon qui le relie à Plainpalais) est une prise de risque quotidienne pour les cyclistes qui, comme moi, l'empruntent. Je connais moi-même plusieurs personnes qui ont récemment chuté sur ce pont (ou sur les croisements de rail à l'angle de la rue du Stand), passant à deux doigts de la mort si une voiture les avait talonné comme c'est si souvent le cas.

Alors bien sûr : la place des cyclistes n'est pas sur le trottoir, car la priorité absolue doit être donnée aux piétons et à leur sécurité. Mais comment faire autrement lorsqu'on  est à vélo et qu'on veut traverser le Rhône à cette hauteur? Comment faire autrement lorsque l'aménagement est si mal conçu?

Le Canton et l'immense majorité des partis politiques ne cessent de se gargariser sur le  "durable" et la "mobilité douce". Mais en politique, ma main gauche ne peut pas ignorer ce que fait ma main droite. Et l'absence d'aménagement cyclable sécurisé sur ce genre de ponts est une véritable incitation à laisser son vélo pour prendre sa bagnole. En l'absence de trams, ce sont 5 voitures qui peuvent circuler en toute sécurité dans la largeur de ce pont.
5 voitures. Et pas une seule place sécurisée pour les cyclistes!

Cette aberration doit être corrigée au plus vite. Car l'incitation à la mobilité douce est parfaitement vaine et incantatoire sans aménagements corrects.

Deux solutions :

pistes_bagnolables.jpg1. Il faut fermer intégralement une ou deux voies aux voitures depuis la gare Cornavin jusqu'à Uni-Mail en descente (et d'Uni Dufour à Cornavin en montant) et réaménager les voies de circulation pour y mettre une piste cyclable continue à double sens complètement sécurisée et réservée aux seuls vélos et vélos électriques.

ou alors...

2. Il faut mettre en zone de partage (20 km/h) l'intégralité de ce même tronçon pour y promouvoir un partage de l'espace urbain où voitures, cyclistes, trams et piétons puissent cohabiter en paix. Et ce au moyen de gros ralentisseurs (tous les 20-30m), radars impitoyables, suppression de tout marquage au sol, suppression des feux de circulation afin de désécuriser les automobilistes et faire enfin comprendre aux voitures qu'elles sont seulement tolérées au centre-ville (à condition qu'elles soient peu nombreuses et très lentes).

Il faut maintenant que nos autorités cantonales et municipales se saisissent véritablement du problème cycliste en Ville de Genève. En encourageant véritablement l'utilisation du vélo. Chaque jour, des milliers d'automobilistes prisonniers de leurs véhicules renoncent à utiliser un vélo car ils craignent trop pour leur vie. Chaque jour, des milliers de cyclistes subissent les nuisances (stress, danger d'accident, pollution) provoquées par ces mêmes milliers de voitures qui pourraient rester au garage.

Le scandale le plus effarant est que les endroits les plus dangereux du canton à vélo se situent en Ville de Genève, avec un exécutif et un parlement à majorité de gauche, qui devrait théoriquement favoriser la mobilité douce. Il est plus que temps que nos politiciens prennent les choses en main. Sans plus attendre.

 Car la guerre des transports, comme la guerre des classes, existe bel et bien.

06.10.2008

Le lobby automobile européen prépare le casse du siècle

car_money.gifL’Association Européenne des Constructeurs Automobiles (ACEA) a lancé aujourd’hui un appel aux autorités européennes pour qu’elles soutiennent le secteur automobile européen “confronté à la nécessité d’une mutation technologique“. Le lobby de l’automobile en Europe réclame d’une part un plan de financement à taux préférentiels doté de 40 Milliards d’Euros, pour développer des véhicules “plus efficaces en terme de consommation“, et d’autre part des soutiens à la destruction des véhicules de plus de 8 ans afin d’accélérer le renouvellement de la flotte.

 

Les constructeurs font face à des consommateurs de plus en plus hésitants et appellent les gouvernements à répondre, stimuler l’économie, atténuer la crise du crédit et restaurer la confiance. C’est seulement à ces conditions que les consommateurs auront les besoins et la confiance nécessaires pour investir dans de nouveaux véhicules“, a expliqué Christian Streiff, le patron de Peugeot SA, qui préside également l’ACEA actuellement.

L’objectif de ce braquage financier sans précédent en Europe serait de “rester compétitif face aux concurrents américains“. Ces derniers ont reçu l’approbation de Washington pour une aide équivalente à presque 18 milliards d’euros. Le montant de l’aide réclamée en Europe devrait donc s’élever à 40 milliards d’euros, constitué de prêts à taux avantageux qui pourraient être financés en partie par le contribuable.

Nous allons donc devoir tous payer pour que les constructeurs automobile améliorent leurs voitures et les rendent compatibles avec les nouvelles normes européennes… C’est le casse du siècle, 40 milliards d’euros pris aux contribuables pour… continuer à leur faire acheter des voitures!

Mais que se passe-t-il donc? Les constructeurs européens seraient-ils au bord de la faillite?

Prenons le seul exemple de Peugeot puisque son directeur est l’actuel représentant du lobby automobile européen. Le bénéfice net du groupe Peugeot au premier semestre 2008 a atteint 733 millions d’euros (pour un seul semestre!), en hausse de 49%! Bref, c’est la misère et il est plus qu’urgent de se cotiser pour renflouer des groupes comme Peugeot SA…

Profits annuels du groupe Peugeot depuis 2002 (en millions d’euros)

Années 2002 2003 2004 2005 2006 2007
Profits 1690 1497 1357 1003 176 885

Si on regarde les profits réalisés par Peugeot depuis 2002, on constate que le groupe industriel se porte plutôt bien. Mais où sont donc passés tous ces profits? Allez, au hasard, dans la poche des actionnaires et dans les golden parachutes ou autres golden hello des cadres supérieurs?

Donc, résumons, quand le secteur automobile va bien, on enregistre des profits gigantesques tous les ans qu’on redistribue aux actionnaires ou à la direction du groupe sous forme de stock-options ou autres primes d’intéressement. Bien sûr, on investit pas un centime d’euros dans les nouvelles technologies, des moteurs moins polluants, qui consomment moins ou qui se passent de pétrole. D’ailleurs, il n’y a que les écolos qui en parlent de ces problèmes de réchauffement climatique, de pollution ou d’épuisement de la ressource pétrolière…

Et quand le secteur commence à battre de l’aile pour cause d’augmentation du prix du pétrole, d’évolution des consommateurs et de crise économique et financière sur fond de précarisation et de baisse du pouvoir d’achat depuis des années maintenant, on appelle les pouvoirs publics à la rescousse…

Vous vous rendez compte, les profits de Peugeot sont en-dessous du milliard d’euros en 2006 et 2007… Que va dire la direction aux actionnaires? Cela va bien de supprimer quelques milliers d’emplois tous les ans, la routine quoi, mais cela ne permettra pas de rémunérer à la fois les actionnaires, l’équipe de direction et en plus, investir dans des technologies propres! Et puis quoi encore?

Heureusement, il existe la perle rare, le sauveur de l’industrie automobile, à savoir le contribuable européen! Non seulement il achète, plutôt cher, des voitures polluantes depuis des années, mais il va filer du fric aux constructeurs pour qu’ils lui vendent, toujours aussi cher, des voitures un peu moins polluantes!

Et il paraîtrait que tout ceci s’appelle le “capitalisme”…

source : carfree

03.10.2008

Crime de lèse-automobile

cars

« Peu à peu s’est établi dans la République un droit coutumier. Il est permis de parler librement de tout, de maudire la religion, le gouvernement ou le Parti communiste, et de proclamer la décadence des mœurs. Attaquer la pureté d’origine du Beaujolais, le système d’enseignement ou la nouvelle architecture, dénoncer la pauvreté du cinéma français ou étranger, la rapacité des banquiers ou la nonchalance des fonctionnaires, cela va. Chacun peut critiquer aussi la taxation des loyers ou leur liberté. Rien ne vous interdit de préférer San-Antonio à Pompidou […]. Vous pouvez exprimer votre admiration ou votre indignation à l’endroit de la Sécurité sociale, du jeune chanteur prodige, des nouvelles matières plastiques ou même d’Astérix. Vous pouvez tout cela et aussi donner votre franche façon de voir sur le Général, mais il n’est pas permis non seulement de formuler un avis non-conformiste sur l’automobile dans la cité, mais même de publier, à son sujet, des chiffres officiels ou patents, que les grands prêtres ont placés dans l’Enfer. Certes, jamais une telle censure n’a été officiellement proclamée ; vous la chercheriez en vain au Journal officiel ou dans le Code Dalloz ; mais elle est plus respectée que bien des lois. Enfreindre cette règle est un crime de lèse-majesté et Sa Majesté ne supporte pas l’opposition. »

Alfred Sauvy (1898-1990), économiste, démographe et sociologue français. Auteur des “Quatre Roues De La Fortune, Essai Sur L’automobile“.

source : CarFree 

 

Ceci est heureusement entrain de changer, lentement, trop lentement. Pour preuve, ce blog entouré de pubs pour bagnoles mais jamais censuré par la Tdg ou le 24Heures. Reste que pour les médias eux-mêmes, les chances d'y lire la moindre critique sur notre société de l'automobile est proportionnellement inverse au nombre de pubs pour bagnoles que leurs pages hébergent. Et cette censure est peut-être la pire de toutes car la plus insidieuse car elle s'apparente à une forme de corruption. Heureusement, ces dernières années on peut lire de plus en plus d'articles indirectement critiques sur la bagnole, que ce soit lorsqu'il s'agit de parler du renchérissement du pétrole ou des conséquences sur l'environnement ou la santé. Mais il ne faut pas en rester là, car notre société a besoin d'un véritable débat de fond sur les nuisances provoquées par cet objet dépassé dont il faudra bientôt réduire la place au strict minimum!

PS : En lien, cet article du Monde qui montre (entre autres) qu'entre 1300 et 1900 décès pourraient être évités chaque année si l'on réduisait les taux de particules fines dans les villes d'Europe. Petit à petit, le message passe. Et l'on prendra enfin conscience de l'ampleur des nuisances qu'a provoqué notre folle course au moteur thermique.

01.10.2008

Clopes, bagnoles, nuisances et XXIè siècle

51lf7.jpgQuel lien entre la fumée passive et la crise écologique (et l'utilisation de la voiture en particulier)?

Nuire à autrui est-il une liberté?
Imaginez des êtres "dépendants" à une substance (ou un objet) dont la combustion dégage des poisons nocifs pour eux-mêmes et pour les autres. Imaginez qu'en plus du danger des émanations, cette addiction provoque pour tous ceux en présence un certain inconfort et de nombreuses gênes. Mettez les dans un espace "fermé" avec d'autres êtres humains ayant, eux, fait le choix de ne pas s'adonner à cette "activité" (et souvent résolus, par choix conscient, à résister à la tentation de cette addiction qu'ils considèrent comme superflue, coûteuse et globalement négative pour leur santé).

Vous rencontrerez un problème.
Les "non-dépendants" se plaindront des nuisances subies et du danger encouru pour eux-mêmes (leur santé, leurs poumons, leur confort),  du danger encouru par leur environnement partagé (mauvaises odeurs, détérioration/noircissement des espaces communs), et ajouteront qu'en sus, les "dépendants" eux-mêmes sont victimes d'une addiction qui leur a été imposée par la publicité, le cinéma vantant un modèle "romantique" trompeur, et sont victimes d'un triste effet "moutonnier". Sans parler du fait que leur activité est nocive pour leur propre santé aussi (et que les coûts en sont payés par la collectivité) et qu'il vaudrait mieux pour tous que les "dépendants" réduisent leur consommation.

Dans un monde idéal...
...les "dépendants" feraient tout pour ne pas gêner les autres, en ne s'adonnant pas à leur "vice" dans les lieux communs à forte densité humaine, et en s'éloignant pour s'assurer qu'ils ne nuisent pas aux autres et ne les mettent pas en danger. Ils finiraient par réduire leur consommation au minimum et, sans forcément l'abandonner complètement, contribueraient à rendre les espaces communs accessibles à tous, sans danger pour la vie d'autrui (et plus particulièrement des plus faibles, comme les enfants). Tout ceci sans qu'il soit nécessaire de légiférer ou d'en venir à des mesures contraignantes.52.jpg

Mais dans notre société...
...où l'égoïsme individualiste et le "principe de plaisir" tiennent lieu de seule morale publique, et où chacun pense que la liberté consiste à pouvoir faire "ce qu'il veut, quand il veut et où il veut" sans se soucier des nuisances qu'il provoque, la collectivité est obligée (démocratiquement) d'en venir à prendre des mesures contraignantes pour contenir l'irresponsabilité des individus en leur bloquant l'accès à certains lieux où leur "activité" n'a pas lieu d'être. Paradoxalement, cette "prise en main" par l'Etat provoque une infantilisation supplémentaire des "dépendants".

Notre planète n'est rien d'autre qu'un lieu public fermé...
...et la question de la fumée passive n'est une ridicule plaisanterie en comparaison des défis qui attendent l'humanité au XXIè siècle. Si les individus ne se montrent pas plus responsables ou capables de se soucier du bien commun, il deviendra malheureusement nécessaire de légiférer pour protéger les plus faibles. Les "dépendants", voulant défendre leurs habitudes bien ancrées, hurleront à l'atteinte à leurs libertés, et les autres s'alarmeront à la fois de la quantité de fumée nocive déployée dans l'espace commun (et du danger que cela fait courir à toute l'humanité), mais aussi de l'impréparation des dépendants à la déplétion prochaine de leur ressource tant aimée (le fameux "pic de tabac").

Bon, ok, la comparaison trouve là ses limites...
...mais elle montre bien qu'il serait idéal de pouvoir faire appel à la capacité des fumeurs de  sortir des lieux publics d'eux-mêmes lorsqu'ils fument, tout comme les véhicules à moteurs thermiques devraient désormais rester au garage lorsqu'ils ne sont pas absolument indispensables. La seule différence étant qu'une clope n'a jamais rendu service à personne, alors qu'une voiture peut, parfois, s'avérer utile. Autre souci : certes, la voiture crée moins de nuisances directes dans les lieux isolés qu'en plein centre ville, mais la planète reste un lieu public fermé dont les automobilistes ne peuvent pas simplement pousser la porte pour aller assouvir leur désir sans nuire au bien commun...
 
Les défis qui nous attendent sont colossaux. Et voyant la vitesse avec laquelle de nombreux établissements genevois ont vite retrouvé leur sale atmosphère d'avant le 1er juillet, je suis assez pessimiste sur la capacité des hommes à se prendre en main d'eux-mêmes pour "gérer" le bien commun. De là à dire qu'il faut fermer la ville aux voitures... il n'y a qu'un pas... que je franchis volontiers (et que, s'ils sont conséquents, 80% des genevois devraient approuver!).

29.09.2008

La vraie crise actuelle est climatique (à lire et à faire circuler)

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, aujourd'hui, la crise la plus cruciale qui nous menace n'est pas celle du néolibéralisme (cet insupportable dogme qu'on commence seulement à enterrer), ni celle du capitalisme financier (qui part en vrille), mais bien la dangereuse et continuelle progression de nos émissions de CO2, malgré les multiples réunions, malgré l'affichage "vert" de nos politiques, malgré Kyoto, malgré toutes les guignoleries de nos dirigeants. C'est bien ce que semble nous dire le GCP (Global Carbon Project). Je vous laisse lire le texte ci-dessous (de Fabrice Nicolino) et vous encourage, voire même vous demande instamment, de le faire circuler, sous une forme ou sous une autre, car nous avons plus que jamais besoin de faire prendre conscience qu'il faut nous lever. Et agir -vraiment, enfin!- pour tenter d'inverser la tendance.

 

carbonique.jpgPrenez votre temps, je vous en prie, nous ne sommes pas à une heure près. Prenez votre temps pour lire ce qui suit, et que je n’ai pas tiré de ma besace pour gâcher votre journée. Prenez votre temps, vous m’obligeriez, car c’est encore plus important que d’habitude. Pour commencer, je vous présente un organisme international que vous ne connaissez peut-être pas. Tel était mon cas encore hier : il s’agit du Global Carbon Project (GCP), qui rassemble des scientifiques de bonne tenue, du monde entier. Ce machin-là étudie ou tente d’étudier dans sa totalité le cycle du carbone, l’un des constituants de la vie. C’est lui qui, sous la forme de CO2, contribue le plus à aggraver l’effet de serre, lequel est la base du dérèglement climatique en cours.

Si j’étais Claude Allègre, j’aurais déjà éructé sur ces savants qui affolent le monde pour remplir les caisses de leurs laboratoires. Mais j’ai l’honneur de ne pas être Claude Allègre, et je continue donc mon petit chemin de lanceur d’alerte. Alors, voici : selon Corinne Le Quéré (université d’East Anglia et British Antarctic Survey), membre du GCP,« depuis 2000, les émissions [de gaz à effet de serre] ont crû en moyenne de 3,5% par an, soit quatre fois plus vite qu’entre 1990 et 2000, où cette augmentation annuelle n’avait été que de 0,9% environ (ici) ».

Dans l’absolu, c’est dingue, mais relativement aux prévisions du Giec, c’est encore pire. Le Giec est cette Internationale scientifique qui, dans le cadre de l’ONU, cherche à modéliser l’évolution du climat planétaire. Le Giec est le modeste phare dont nous disposons pour éclairer les ténèbres de l’avenir. Eh bien, les pires prévisions du Giec sont actuellement fondées sur une augmentation moyenne annuelle des émissions de gaz de 2,7 %. Et nous en sommes à 3,5 %. Les pires prévisions, je me permets d’insister lourdement.

Est-ce tout ? Mais non! Les pays développés, qui avaient pris des engagements chiffrés à Kyoto, en 1997 - à l’exception de cet excellent Bill Clinton - n’ont globalement pas diminué leurs rejets. Et les pays du Sud, dont la Chine et l’Inde, voient les leurs exploser sans aucune retenue. Je m’empresse d’ajouter que j’éprouve des doutes quant à certaines affirmations du GCP (ici). Il existe en effet une grande incertitude concernant la déforestation en zone tropicale. Des spécialistes sérieux - je dois dire que je juge leur propos crédible - signalent par exemple que le drainage de tourbières dans un pays comme l’Indonésie relâche des quantités effarantes de gaz à effet de serre, qui ne sont prises en compte par personne.

Mais je reviens au bilan du GCP. La leçon est simple : rien n’a bougé en vingt ans. Car il y a vingt ans que l’alerte mondiale a été lancée, notamment par la revue scientifique Nature. Car il y a dix ans qu’a eu lieu la funeste conférence mondiale de Kyoto, d’où sont sortis des voeux pieux, et des engagements ridicules. Or, même cela ne sera pas atteint en 2012, au moment du bilan du fameux Protocole dit de Kyoto. Pensez une seconde à toutes ces informations bidon publiées ici ou là. Pensez à ces envolées du haut des tribunes. À ces dizaines de conférences ronflantes, rutilantes et sublimes. À ces milliers de discours. À tous ces misérables Grenelle de l’Environnement, quel que soit le nom qu’on leur donne et donnera. Pensez à ces entreprises, transnationales ou non, qui font semblant d’agir, aidées par des journaux devenus sans morale, et sans objet, mais surchargés de publicité à la gloire du néant. Pensez que 90 % des « nouvelles » circulant dans un pays comme le nôtre concernent l’âge du capitaine et de Johnny Halliday. Les affres de PPDA et cette grossesse de Carla Bruni, qui se fait attendre. Le mariage de la Princesse, suivi de son divorce, puis de sa tentative de suicide. En conscience, en toute certitude, nous avons ouvert ensemble une boîte de Pandore aux dimensions sans précédent.

Il y a une manière de continuer à croire en l’avenir. Et cela concerne justement Pandore. On discute encore sur le contenu réel de cette boîte, qui était une jarre. Elle contenait tous les maux de l’humanité, pour sûr. Dont la mort. Mais aussi, selon certaines traductions - contestées, hélas -, l’Espérance. Admettons la présence de cette dernière, car sait-on jamais. Il reste que l’irresponsabilité collective dont nous faisons la preuve à propos du climat me renforce dans ma volonté de rupture personnelle, intime, définitive avec ce monde et ses représentants officiels.

Plus jamais je n’accorderai la moindre confiance à qui ne mettrait au premier plan cette question clé. Si nous sommes capables de réunir assez de force morale collective pour rendre ce sujet obsédant, alors oui, l’Espérance sortira de la boîte de Pandore. Et sinon, Inch’Allah. Je ne nie pas, vous le savez, les autres impasses écologiques, celles qui touchent les océans, les sols, les eaux douces, les forêts. Mais la mère des batailles, qui les commande toutes, c’est le climat. D’après des estimations on ne peut plus prudentes, bien qu’affolantes, un centimètre d’élévation du niveau des mers créerait mécaniquement sur terre un million de réfugiés écologiques en plus (ici).

Pour l’heure, nous perdons pied. L’économie assassine le monde, et nous lui offrons notre flanc et notre gorge. Il faut, il faut, il faudrait. Il va falloir se lever. Je ne sais pas comment. Je sais juste qu’il faudra.

25.09.2008

Crise financière et hémiplégie du capitalisme

capitalism.jpgInspiré par la dernière note de Jean-Noël Cuénod sur la crise financière, je tiens à vous livrer ces très modestes réflexions sur l'état du monde, du système économique qui l'écrase et de l'impasse dans laquelle nous mèneront les réformettes strictement cosmétiques qu'on entend appliquer sur une économie fondamentalement hémiplégique et donc parfaitement inhumaine et insoutenable.

Mais tout d'abord, les mots de l'auto-proclamé "Plouc" (qui mériterait au passage sobriquet plus valorisant) qui m'ont inspiré les pensées ci-dessous :

"Le capitalisme n’est ni moral, ni immoral. Il est amoral par essence. Comme la force électrique qui peut servir à tuer ou à faire vivre. Sa puissance, il la tient d’une caractéristique humaine qui ne saurait répondre aux canons moraux: l’appât du gain. Ce moteur permet à l’économie de rouler."

Bien plus que la question des "dérives de la finance" ou d'un prétendu problème de "régulation", c'est bien là le coeur du problème. Notre société toute entière est tournée vers l'économie en se soustrayant systématiquement à ses "impératifs".  Et cette économie repose intégralement sur ce que Mr Cuénod nomme si justement l'appât du gain, l'Amoral par excellence.

Alors certes, l'intérêt individuel et l'avidité font, entre autres choses, partie de notre nature humaine, inutile de chercher à le nier. Mais contrairement à un enfant non-éduqué et mû par son seul principe de plaisir égoïste, l'homme, adulte, a développé d'autres qualités que la vénalité sur laquelle repose ce système économique infantile et pulsionnel qui domine le monde. Le désintéressement, la générosité, le sens du partage, la sobriété, le sens des limites, la morale, l'éthique, le souci de justice sociale et le respect pour ce qui nous entoure (nos congénères, notre environnement), tous ces éléments sont volontairement omis par le système économique actuel.

Or, lorsque tout repose sur cette hémiplégie originelle, comment imaginer un système vertueux, durable, équilibré ou même vaguement désirable? Choisir entre un monde fait de quelques gros requins et de milliards de poissons ou un monde avec 6 milliards de petits requins, ce n'est pas une alternative. Car il nous faut refuser la guerre de "tous contre tous" que nous propose le capitalisme libéral. Or, la "libre concurrence" n'est rien d'autre qu'une guerre des hommes entre eux, et des hommes contre la nature.

La crise actuelle est l'occasion d'une remise en cause totale de ce système, brutal et incomplet qui nous mène à la faillite planétaire. Mais au contraire des pitoyables tentatives du siècle passé, nous devrons impérativement repenser nos rapports aux objets, à la production, à nos besoins. Car une société, fût-elle plus égalitaire ou plus "socialiste", tant qu'elle est basée sur la consommation, l'accumulation et l'abondance matérielle et la recherche d'une croissance infinie ne sera pas plus supportable par la planète que le capitalisme actuel. Et elle se heurtera vite aux limites physiques de nos ressources.

Etre anti-capitaliste au XXIè siècle, c'est forcément devenir anti-productiviste. C'est questionner la production avant de défendre aveuglément l'industrie. Questionner la consommation avant de défendre le "pouvoir d'achat". Sans courir après la dangereuse illusion d'un homme nouveau, il nous faut inventer un autre système, qui ne repose plus intégralement sur un seul hémisphère de l'homo sapiens (sa cupidité, sa volonté d'amasser les richesses et les biens), mais qui stimule et encourage avant tout ce qui fait notre humanité : la générosité,  le sens du partage, le souci d'égalité et de justice sociale, la simplicité volontaire, etc.

Car, lors des prochaines crises (crises des ors noir et bleu, réchauffement climatique, etc.), aucun filet de sécurité ne sera tendu à l'humanité. Les contribuables du monde entier ne pourront rien contre l'inéluctable décroissance énergétique ou la disparition des écosystèmes. C'est pourquoi nous avons le devoir moral d'anticiper et d'agir, pour faire et vivre autrement.

Et nous devons saisir l'occasion de l'effondrement actuel du fils (la doctrine néo-libérale), pour balayer le père (le capitalisme)... et le saint esprit (la croissance).

24.09.2008

Depuis le 23 septembre, l'humanité vit à crédit

EODglobe08.jpgCe mardi 23 septembre, nous avons dépassé les ressources écologiques disponibles pour l'année 2008.

L'empreinte écologique globale de l'humanité a été dépassée en 1982, et depuis, chaque année, nous grignotons un peu plus que ce que la terre peut réellement nous offrir. Le "Global Overshoot Day" (jour du dépassement) est un jour symbolique pour nous faire réaliser que nous exploitons actuellement la planète à 140%. Passé ce jour, toutes les activités humaines d'exploitation, pollution ou prélévement des ressources sont un "crédit" par rapport à ce que la planète peut potentiellement nous offrir. Et chaque année, ce jour recule (en 2007, c'était le 6 octobre - cf. l'image ci-jointe).

Certes, la précision des calculs pour arriver à ce résultat peut être contestée (d'ailleurs les contradicteurs du concept d'empreinte écologique lui reprochent de sous-estimer les impacts réels de l'humanité sur la terre), mais une chose est certaine : nous sommes en pleine bulle, et l'humanité vit désormais à crédit. Sauf qu'aucune banque centrale ni aucune intervention étatique ne pourra nous sauver d'un krach écologique, car nous n'avons qu'une seule planète, et il serait temps d'en prendre enfin conscience.

Pour plus d'informations, lire l'article du Monde ci-dessous ou consulter footprintnetwork.org

 

 

 

Le jour où l'humanité a épuisé le produit global de la Terre

LE MONDE | 24.09.08 | 14h08  •  Mis à jour le 24.09.08 | 17h04
 
Mardi 23 septembre, rien n'a changé dans le quotidien des Terriens. Pas de pénurie dans les magasins d'alimentation, pas de coupure d'eau ou d'électricité inhabituelle. Pourtant, selon l'organisation non gouvernementale canadienne Global Footprint Network, le 23 septembre, un événement important a eu lieu. C'était le "Global Overshoot Day", littéralement "le jour du dépassement global". Il signifie que, entre le 1er janvier et le 23 septembre, l'humanité a consommé les ressources que la nature peut produire en un an.
 
A partir du 24 septembre, et jusqu'à la fin de l'année, l'humanité vit en quelque sorte au-dessus de ses moyens. Pour continuer à boire, à manger, à se chauffer, à se déplacer, elle surexploite le milieu naturel et compromet sa capacité de régénération. Elle entame donc son capital.

Le "jour du dépassement", image destinée à frapper les esprits, a été inventé par les créateurs du concept d'empreinte écologique. Dans la foulée du Sommet de la Terre de Rio, en 1992, les universitaires William Rees et Mathis Wackernagel ont mis au point une méthode permettant de mesurer l'impact des activités humaines sur les écosystèmes. Il s'agit de quantifier les surfaces biologiquement productives nécessaires pour construire villes et infrastructures, pour fournir les ressources agricoles, aquatiques et forestières que nous consommons et pour absorber les déchets que nous produisons, y compris le CO2 issu de la combustion des énergies fossiles. L'unité de mesure utilisée pour calculer l'empreinte écologique d'un individu, d'une ville, ou d'un pays est l'"hectare global", dont les capacités de production et d'absorption de déchets correspondent à la moyenne mondiale.

Selon les calculs de Global Footprint Network, les besoins de l'humanité ont commencé à excéder les capacités productives de la Terre en 1986. Depuis, sous l'effet de l'augmentation de la population mondiale, la date à laquelle l'humanité a épuisé les ressources théoriquement produites en un an n'a cessé d'avancer. En 1996, notre consommation dépassait de 15 % la capacité de production du milieu naturel, et le "jour du dépassement" tombait en novembre. En 2007, c'était le 6 octobre.

DISPARITÉS

L'outil utilisé par le Global Footprint Network permet de quantifier l'évolution de la consommation de ressources dans le temps et de sensibiliser aux conséquences de leur surexploitation. Il autorise aussi des comparaisons entre régions du monde. Les habitants des Emirats arabes unis ont l'empreinte écologique la plus élevée : chaque habitant consomme chaque année l'équivalent de 12 hectares globaux. Les Américains les suivent de près, avec 9,5 ha. La France se situe au 12e rang mondial, avec un peu moins de 6 ha. Les habitants du Bangladesh, de la Somalie et de l'Afghanistan sont les plus petits consommateurs de ressources au monde, avec moins d'un demi-hectare.

Gaëlle Dupont

 

Les récifs artificiels de pneus: un désastre écologique

Encore un dommage collatéral de notre société de l'automobile... et un désastre de plus provoqué par une foi absurde en la capacité de l'industrie de résoudre des problèmes qu'elle a elle-même causés! Les ton des propos du patron de GoodYear à l'époque (en gras) ne sont pas sans rappeller les belles paroles des magnats de l'agro-alimentaire ("les OGM peuvent nourrir la planète") ou des lobbies de l'industrie nucléaire actuels ("il n'y a pas de risque")... ou plus récemment des fous furieux du libéralisme qui prônaient hier encore la dérégularisation totale des marchés et la financiarisation comme aboutissement du "miracle" économique nous menant, demain, à "l'équilibre".
 
 
pneus.jpg
Le triste paysage sous-marin constitué par les 2 millions de pneus immergés en 1972 à moins d’un mile au large de Fort Lauderdale en Floride (USA). En l’espace de 20 ans, sous la force des ouragans, une partie de ces pneus se sont éparpillés sur plusieurs dizaines d’hectares. Même quand le système automobile voulait rendre service à l’environnement, ça s’est terminé par un désastre écologique…

C’est l’histoire d’un projet bien intentionné qui a viré au cauchemar: à deux kilomètres au large de Fort Lauderdale, en Floride (USA), un “récif” de deux millions de pneus entassés sur le fond marin est devenu au fil du temps un véritable désastre écologique.

Lancé en 1972, le projet visait à construire le plus grand récif artificiel de pneus usagés. Il s’agissait de créer un nouvel habitat marin et des sites de plongée alternatifs pour alléger la pression sur les récifs naturels, tout en se débarrassant de pneus usagés encombrant les décharges.

Plusieurs décennies plus tard, il apparaît clairement que c’est un échec total. Peu de vie marine est apparue, et des pneus se sont libérés de leurs attaches de nylon et d’acier, se répandant au fond de l’océan sur une superficie équivalente à 31 stades de football…

Certains sont rejetés sur les plages. Des milliers d’autres se sont coincés dans le récif naturel situé à proximité, bloquant la croissance des coraux et dévastant la vie marine. Et ce genre de problèmes s’est vérifié avec tous les récifs de pneus créés dans le monde.

“Ils tuent le corail”, souligne William Nuckols, coordinateur de Coastal America, une organisation publique impliquée dans un projet de ramassage des pneus du récif de Fort Lauderdale, qui fera l’objet d’un programme-pilote d’un mois en juin. Au total, l’opération de nettoyage devrait durer jusqu’en 2010 et coûter à la Floride 3,4 millions de dollars (2,6 millions d’euros).

En 1972, la firme Goodyear affirmait que le récif floridien “fournirait un abri pour les poissons et autres espèces marines”, et évoquait également “les excellentes propriétés des pneus usagés comme matériau de récif”.

“La très bonne idée était de créer un habitat (…) afin de pouvoir multiplier par deux ou trois la faune marine dans la zone”, souligne le professeur Ray McAllister, qui joua un rôle clé dans la création du récif. “Mais cela ne s’est pas passé ainsi. Avec le recul, je vois que c’était une mauvaise idée.”

Lors des dernières décennies, des récifs de pneus ont été érigés ailleurs dans le monde. “Nous avons jeté des millions de pneus dans les océans”, souligne Jack Sobel, un chercheur de l’organisation Conservation des océans. “Je suis convaincu que les personnes qui faisaient la promotion des récifs artificiels de pneus étaient bien intentionnées et pensaient bien faire. Mais rétrospectivement, on comprend aujourd’hui que c’était une erreur.”

Contrairement aux grandes épaves de navire, les pneus sont trop légers et peuvent être emportés en cas de violentes tempêtes. La Virginie en a fait l’amère expérience. En 1998, l’ouragan Bonnie a dévasté un récif de pneus au large de l’Etat: les gommes ont dérivé vers le sud, finissant leur course sur des plages de Caroline du Nord.

L’Indonésie et la Malaisie ont mené de vastes programmes de récifs de pneus dans les années 80 et commencent à en subir les effets indésirables, selon M. Sobel. Aujourd’hui, la plupart des pays ont renoncé à cette pratique.

Les pneus récupérés au large de Fort Lauderdale seront recyclés dans des projets routiers ou pour produire du combustible, selon Michael Sole, chef du département de Protection de l’environnement de Floride. Et d’ajouter: “Cela va être un énorme travail de les remonter tous.”

Source : CarFree

23.09.2008

LA solution pour diminuer le trafic...

Il suffisait d'y penser...
 
 
NB : Oui, il est totalement incohérent de mettre ici une publicité, car elle est l'un des vecteurs les plus puissants de la propagande consumériste qui précisément détruit notre planète. Mais -argh- celle-ci est tellement bonne!

21.09.2008

Lundi 22 septembre : JOURNEE SANS VOITURE!

Ce lundi 22 septembre est la journée mondiale sans voitures! Vous ne le saviez pas? Eh bien, c'est que nos parlementaires genevois ont refusé d'allouer le budget nécessaire à la semaine de la mobilité, pourtant indispensable en terme de sensibilisation et d'éducation de la population. Donc, ce lundi, j'encourage tous ceux qui prônent la responsabilité individuelle à se montrer -enfin- responsables et à laisser leur bagnole au garage! En attendant, je vous laisse méditer sur ces 10 faits..

 

10 choses à savoir sur la voiture

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1. Chaque jour dans le monde, 3200 personnes meurent dans des accidents de la circulation alors que 30'000 autres personnes sont sérieusement blessées. Cela représente donc 1,2 millions de morts par année, c’est-à-dire l’équivalent des victimes du World Trade Center chaque jour! (The Guardian, 18 janvier 2003).

2. L’industrie de l’automobile réinvestit annuellement 2,6 milliards de dollars en publicité pour nous vendre l’idée de la liberté et de la performance. Les médias dépendants de ces revenus publicitaires évitent plus souvent qu’autrement d’aborder la servitude et la destruction qu’entraîne notre culture de l’automobile. (Richard Bergeron, Livre noir de l’automobile)car-wreck-pic-4.jpg

3. Environ 85% des victimes de la route ne sont pas des automobilistes! En effet, dans les pays à bas ou moyens revenus plusieurs n’ont jamais possédé de voiture Ce privilège des uns crée le danger pour les autres : piétons, cyclistes et passagers des transports en commun. (The Guardian, 18 janvier 2003).

4. Les enfants vivant en bordure des routes fréquentées par plus de 20000 véhicules par jour ont six fois plus de chance de développer un cancer que ceux qui vivent aux abords de voies peu parcourues (moins de 500 véhicules par jour) (Monitor Publishing, avril 2000).

5. Les automobiles entraînent la dépendance de nos sociétés aux carburants fossiles! L’automobile est responsable du tiers de la consommation de pétrole mondiale. Par ailleurs, chaque année, 6 millions de tonnes de pétrole sont rejetées dans les mers durant son transport. (http://daac.gsfc.nasa.gov/).

deadly-car-wreck-in-poland.gif6. La voiture colonise l’espace public! Aux États-Unis, elle monopolise 40% de l’espace urbain et occupe trois fois plus de place que le logement d’une personne (Transportation Alternatives; New Transportation Vision).

7. Un quart des dégâts écologiques engendrés par l’automobile résulte de sa production (Stattauto and the Green Consumer Guide). Par ailleurs, une automobile moyenne produit l’équivalent de son propre poids en dioxyde de carbone chaque année (environ 300 millions de tonnes à l’échelle mondiale).

8. La voiture crée l’isolement et l’apathie. L’Américain-e moyen passe le quart de son temps de veille, soit 1200 heures par années, assis dans sa voiture ou à travailler pour payer celle-ci. (Transportation Alternatives)

21760843_1_roads.jpg9. Deux voies de chemin de fer peuvent transporter autant de passagers par heure que seize voies d’autoroute. Dans un cas, il ne faut que 15 mètres de large, dans l’autre, 120 mètres. (New Transportation Vision).

10. Au delà des coûts environnementaux l’automobile est le symbole d’un système de valeurs qui suppose la dépendance, le gaspillage, l’inégalité face à la mobilité et le carnage quotidien. (James McGurn, écologiste urbain)